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Vincent YQUEL
Ingénieur Brevet à la Direction des Affaires Juridiques et du Développement Groupe
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La propriété intellectuelle ?
Par ses inventions et son utilisation novatrice de technologies, l’entreprise acquiert une somme de connaissances techniques. C’est une véritable richesse qu’il faut protéger et valoriser.
Chez Essilor, c’est le service Brevet de la Direction juridique qui est chargé de cette mission. Découvrez son rôle grâce au portrait de Vincent Yquel, l’un des cinq Ingénieurs brevet de l’équipe.
Pouvez-vous nous retracer votre parcours chez Essilor ?
Après une formation d’ingénieur généraliste, j’ai intégré le Centre d’Etudes Internationales en Propriété Intellectuelle (C.E.I.P.I.) de Strasbourg, qui forme des experts en propriété intellectuelle. J’ai opté pour l’industrie afin d’acquérir une vision plus globale de la stratégie des brevets. Après avoir travaillé près de quatre ans chez Schlumberger, j’ai intégré en mars 2005 le Département Propriété Intellectuelle au sein de la Direction des Affaires Juridiques et du Développement Groupe d’Essilor, en qualité d’ingénieur brevet.
Quelles sont les principales missions de votre fonction ?
L’équipe Propriété intellectuelle compte cinq ingénieurs brevets. Nous avons avant tout un rôle de conseil et de support envers nos différents clients internes et remplissons deux grandes missions : protéger et valoriser au mieux la technologie que nous développons au sein du groupe d’une part, et s’assurer que nous avons bien le droit d’utiliser cette technologie, d’autre part. Sur le volet protection et valorisation, nous intervenons dans quatre étapes :
1) La détection des innovations technologiques
L’ingénieur brevet aide, si nécessaire, les inventeurs à formaliser une première fois par écrit leurs idées.
2) La définition des inventions
Sur cette base écrite, nous interviewons ensuite l’inventeur pour recueillir toutes les informations permettant de définir son invention. C’est une étape essentielle. Puis, il faut dépouiller cette invention de toutes ses caractéristiques techniques superflues, afin de lui donner une portée la plus large possible.
3) La protection de la technologie
Une fois l’invention définie, se pose la question de son mode de protection. Il y a deux moyens principaux. Le plus simple est… de garder l’invention secrète ! Parmi les exemples bien connus : le tour de main de la mère Poulard ou encore la formule du Coca Cola, qui sont restés secrets. Nous utilisons ce mode lorsque le savoir faire est a priori indétectable à partir des produits que nous mettons sur le marché. Mais garantir le secret est difficile… voire illusoire.
Le brevet est l’autre moyen de protection, plus sûr. Il confère à son titulaire un droit d’interdire à tout tiers d’utiliser un produit ou procédé |
protégé. En contrepartie, le titulaire a l’obligation de divulguer au public les détails de mise en œuvre de son invention. C’est alors l’ingénieur brevet qui rédige le brevet. Nous privilégions ce mode de protection lorsqu’une invention est détectable à partir des produits que nous mettons sur le marché.
4) La valorisation de la technologie
Le brevet valorise la technologie de différentes manières, le but étant d’en retirer un avantage compétitif. On peut par exemple exercer son droit d’interdiction d’utilisation d’une technologie par des tiers, afin de forcer les concurrents à dépenser du temps et de l’argent pour développer des solutions techniques alternatives. Mais il est possible d’autoriser l’utilisation de son invention en contrepartie d’une rétribution financière. Enfin, on peut également décider de ne pas exercer son droit d’interdiction et autoriser l’utilisation d’une invention sans contrepartie. Cela peut présenter un intérêt lorsqu’une diffusion rapide et massive de l’invention sur le marché est souhaitée.
Le second volet de notre mission consiste à vérifier que nous avons bien la liberté d’exploiter des technologies qui nous intéressent. Celles-ci peuvent tomber dans la dépendance d’un brevet plus large (Brevet de base). Notre rôle est de détecter de tels brevets le plus en amont possible, avec l’aide des documentalistes brevets.
Au quotidien, que vous apporte votre métier ?
D’abord une vision transversale de la technologie qui se crée au niveau du Groupe. Nous travaillons avec les différentes fonctions de l’entreprise : R&D, Ingénierie, Marketing…mais également avec des interlocuteurs extérieurs. Enfin, ce métier allie travail d’écriture, connaissances techniques et commerciales.
Quelles sont, à votre avis, les qualités indispensables pour réussir dans cette fonction ?
Le plus délicat est qu’il faut être créatif, ouvert (afin de comprendre les nouvelles idées et dialoguer avec les inventeurs) et avoir un esprit cartésien rigoureux (travail de rédaction des brevets…) : on ne peut pas exercer ce métier sans avoir les deux ! Il faut donc une grande capacité d’adaptation.
Comment imaginez-vous l’évolution de votre métier ?
On observe un certain nombre de tendances. La première est que l’innovation est une des pierres angulaires de la stratégie du Groupe. Parallèlement, nous accroissons le nombre de partenariats au sens large (universités, start-up, entreprises…). Nous travaillons de plus en plus avec les juristes sur les contrats afin de prévoir notamment les règles d’attribution et les conditions d’exploitation des droits de Propriété Intellectuelle de ces collaborations à naître. Enfin, il y a un travail important de veille à assurer. Le droit des brevets est lui-même un domaine très riche et en perpétuelle évolution, (tant sur le plan national que sur le plan international) : il faut donc rester à l’écoute ! |
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