Nos métiers

Témoignage


Guillaume GIRAUDET
Responsable d’études R&D au service Vision

 

Le Service vision : nos "têtes chercheuses" pour cerner les besoins de correction de la vue !

 

Guillaume Giraudet est membre du Service Vision. Cette équipe a pour rôle d’identifier des besoins en correction de la vue qui ne bénéficient pas encore de solution adaptée.

 

Objectif : proposer une solution Essilor innovante pour permettre aux porteurs et futurs porteurs de mieux vivre au quotidien.

 

Pouvez-vous nous retracer votre parcours chez Essilor ?

 

J’ai commencé ma formation par un BTS Opticien Lunetier. J’ai ensuite passé une licence et une maîtrise d’optométrie, puis un DEA et un doctorat en sciences cognitives. J’ai réalisé ma thèse dans un laboratoire de recherche en médecine aérospatiale avant d’être embauché, en janvier 2001 chez Essilor.

 

Quelles sont les principales missions de votre fonction ?

 

Le rôle du service Vision est de concevoir des solutions innovantes de correction de la vue.

 

Il nous faut donc identifier les besoins visuels des personnes et rechercher ensuite les solutions optiques adaptées.

 

Comment identifier les besoins visuels ? Par une bonne connaissance du système visuel et de son implication dans les activités habituelles de la vie quotidienne : les déplacements, la perception de l’espace, l’équilibre, la préhension d’objets… Ces activités s’appellent sensori-motrices. Il existe dans le système visuel et les activités sensori-motrices des besoins non résolus. Ces besoins sont repérables par notre observation ou exprimés par les individus (des porteurs ou futurs porteurs) qui témoignent des difficultés visuelles particulières auxquelles ils ont pu être confrontés. Notre autre source d’information est la littérature scientifique, qui fait état du fonctionnement et des besoins du système visuel. Nous essayons alors d’évaluer les domaines dans lesquels nous sommes capables d’apporter une réponse pertinente et innovante.

 

Une fois le (ou les) besoin(s) identifié(s), deux étapes permettent de tester puis de valider la pertinence de la nouvelle solution optique envisagée.

 

Des expériences de psychophysique servent à montrer l’amélioration des performances visuelles mais aussi visuo-motrices dans des environnements très contrôlés. D’autres tests, plus subjectifs, vérifient ensuite que le verre prototype présente un réel intérêt pour le porteur dans sa vie quotidienne, par rapport à un verre de référence.

 

Au quotidien, que vous apporte votre métier ?

 

Mon métier me permet un enrichissement quotidien tant personnel, technique qu’humain.

 

Grâce à la lecture de la littérature scientifique, je suis de près les nouveautés et les avancées dans les sciences de la vision. Cela est bien sûr indispensable à l’amélioration des verres ophtalmiques. Il s’agit donc de recherche, certes, mais de la recherche appliquée. C’est très concret !

 

En parallèle, je développe des contacts avec de nombreuses personnes au sein du Groupe comme à l’extérieur. Les échanges entre l’Optique et la Physico-Chimie sont notamment d’une grande richesse. Je dirais que la connaissance de ce que font les autres est

 

indispensable pour trouver les voies innovantes de demain.

 

Nous avons également beaucoup gagné à structurer notre effort de veille R&D, par le biais d’un département Veille. La veille scientifique et technique est un vecteur important d’enrichissement technique et humain, car la veille n’est profitable que si elle est partagée par tous. Or, c’est le but de ce département.

 

Innover nécessite d’avoir le regard tourné vers l’extérieur. Nous rencontrons pour cela de nombreux chercheurs internationaux, universitaires et industriels, par le biais de congrès et conférences scientifiques. Ce regard extérieur est aussi apporté par les départements New Business et Disruptive Concepts d’Essilor, qui ont pour vocation d’aller chercher dans d’autres domaines des éléments utiles et applicables à nos besoins.

 

La protection des innovations est également une part importante de mon activité. Le service Propriété Intellectuelle constitue en cela un soutien indispensable pour protéger efficacement et valoriser les concepts et produits sur lesquels nous travaillons.

 

Mon activité implique enfin de nombreuses interactions avec le Marketing, et ce très en amont de la sortie effective d’un nouveau produit, afin de mettre en phase les voies de recherches envisagées avec les attentes et les contraintes du marché.

 

Quelles sont, à votre avis, les qualités indispensables pour réussir dans cette fonction ?

 

Les deux premières sont la curiosité et la créativité, essentielles pour le chercheur, dont la mission première est d’innover.

 

Et pour innover, il faut non seulement améliorer constamment son expertise technique mais aussi être capable de s’abstraire de son activité habituelle pour aller chercher des éléments nouveaux dans des domaines parfois assez éloignés.

 

Ce métier nécessite aussi une grande rigueur et de l’organisation. Face à la multiplication des interactions et partenariats avec des universités ou d’autres industries, une bonne organisation est nécessaire pour coordonner les différents travaux et apporter une réponse pertinente au problème posé dans un temps imparti toujours plus court.

 

Comment imaginez-vous l’évolution de votre métier ?

 

Une étude récente menée par un Cabinet externe a fait évoluer la gestion des programmes de recherche. L’objectif est de se donner les moyens de répondre à la pression croissante de la concurrence dans un marché en perpétuel mouvement. Cela nous amène à structurer nos projets avec un impératif temporel ambitieux, afin de viser les innovations de court et de moyen terme simultanément… et sans mettre de côté le long terme ! Les attentes du marché, aussi, ont évolué, notamment par le biais des récentes innovations technologiques. Par exemple, les verres personnalisés sont aujourd’hui possibles avec la technologie du surfaçage digital, ce qui était encore inimaginable il y a quelques temps !

 

Cela a bien entendu un impact direct sur mon métier. Aujourd’hui, nous devons comprendre et maîtriser la variabilité interindividuelle : comprendre pourquoi, par exemple, certaines personnes s’adaptent très facilement et rapidement à une solution optique donnée alors que d’autres, a priori pas différentes des premières, présentent de plus grandes difficultés d’adaptation.